A l’heure où les guerres, les agressions et les tensions se multiplient, le monde découvre l’importance de nouveaux instruments apparus sur la scène économique et médiatique mondiale, Bitcoin, Intelligence artificielle (IA), data centers, et qui doivent être replacés dans les processus de production connus, ressources énergétiques, chaines de froid, eau dont l’importance augmente au sein de « notre » capitalisme tardif mondialisé. Capitalisme tardif monopolistique, concentrationnaire, mais bien entendu toujours et de plus en plus impérialiste. Ces éléments nous permettent tous de mieux appréhender les crises actuelles, effritement des pétrodollars, Groenland, Canada, Venezuela, Palestine, conflits entre les « puissances » du Golfe, évolutions de l’UE. Cet article nous ouvre une porte d’accès à une meilleure compréhension et une analyse de tous ces phénomènes qui liés entre eux.
La Rédaction de La Pensée libre
Les nouvelles données de
l’impérialisme étatsunien
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Bitcoin et Impérialisme
Janvier 2026
Marwan S.*
Pour bien comprendre ce qu’il y a en jeu derrière l’importance que prend le bitcoin depuis quelques années, il faut d’abord revenir sur l’histoire du modèle financier moderne, et sur l’affrontement de deux modèles au milieu de la deuxième moitié du 20e siècle, notamment en Europe.
Lors du lancement de la construction européenne, notamment de la construction d’un modèle financier commun, un rapport de force est assez vite apparu : celui entre le modèle de financement des banques centrales de l'Europe dite “latine” et le modèle allemand.
En effet, la capacité d’emprunt et de financement des banques centrales et donc des États reposait surtout sur la solidité du “legal tender” (= l’institution qui a le pouvoir de faire valoir une monnaie sur un territoire donné, cad l’État et sa banque centrale) en termes de bilan financier annuel, c’est à dire de quoi est fait son passif.
Dans le cas dit “latin”, le passif reposait sur un certain nombre d’éléments spécifiques, tels que le stock d’or ou le patrimoine immobilier de l'État, et c’est donc sur la base de ce modèle que le marché quantifiait la solidité de l’emprunteur.
Ce modèle de bilan est le résultat du contexte historique du développement du capitalisme-impérialisme de ces pays-là, notamment pour la question du stock d’or qui découle directement de la politique d’exploitation coloniale de la France ou de l’Espagne par exemple, et reflète le système économique de l’époque. On peut l’appeler le modèle de l’étalon-or.
En opposition à ce modèle, et à partir des années 1930, s’est construit le modèle financier allemand. Plus encore que le modèle de bilan des banques centrales des pays dit “latins”, le modèle allemand reflète le système économique du capitalisme-impérialisme de son époque.
L’Allemagne n’ayant pas le même accès à l’or que ses rivaux pour des raisons historiques évidentes, et ayant eu un développement capitaliste plus tardif que les autres, entre autres raisons, il lui a fallu trouver un autre système pour financer son action gouvernementale. A la suite de la crise financière de 1929, le régime nazi fut le premier à développer un système de titres de dettes d’États, appelé “bond MEFO”, Metallurgische Forschungsgesellschaft[1], qui lui permit d’emprunter pour financer l’effort industriel nécessaire à la guerre en préparation dans les années 1930.
Ce modèle où, pour résumer grossièrement, le stock d’or est remplacé par des titres de dettes d’État, est le modèle minoritaire pendant la plus longue partie du 20e siècle, jusqu’à la fin des accords de Bretton Woods en 1971, qui marque la fin de la convertibilité du dollar en or, et donc la fin du poids de l’or dans le bilan des banques centrales, et qui constitue un premier changement de rapport de force dans l’affrontement des deux modèles cités plus haut.
Dès la fin de Bretton Woods, on voit que les économies dont les banques centrales s’appuient principalement sur le stock d’or entrer en crise semi-permanente ; alors que les pays dont le modèle de bilan s’appuient sur les titres de dettes d’État sont favorisés par les marchés.
C’est dans ce contexte d’affrontement que la chute du mur et la “réunification” allemande va avoir un effet majeur sur le rapport de force en Europe, et va permettre à l’Allemagne d’ériger son modèle national en modèle régional et d’imposer des réformes financières, notamment à la France mais aussi à toute une série de pays d’Europe centrale & de l’Est à travers l’Union européenne. C’est le deuxième changement qui marque un basculement qualitatif dans le rapport de force entre les deux modèles, et voit la domination du modèle de titre de dette s’installer.
Nous voilà donc rendus au début du 21e siècle, et la “construction européenne” va bon train, la BCE et l'entièreté des pays membres de l’UE pliant et adoptant le système allemand via le système de TARGET 2, un système qui génère automatiquement et en masses des titres de dettes entre les États, permettant toujours plus la mise à mort de la souveraineté populaire des États, les livrant au marché et à l’indice de confiance qu’il place sur X ou Y pays.
Ce système mériterait une analyse plus détaillée, mais nous nous contenterons de comprendre qu’à partir de 2001 et le lancement de la monnaie € ; l’entièreté des États de la Zone euro est forcé d’avoir dans ses bilans des titres de dettes étatiques, et qu’une grande partie de la solidité de leurs legal tender vient de ceux-ci.
Ce modèle permit une forme de macro-stabilité pendant une courte période, de 2001 à 2008, avant de se révéler ouvertement être le piège qu’il a été conçu pour être en 2011, avec ce que les économistes libéraux appellent la “crise des dettes souveraines”. Il faut donc revenir sur cette période spécifique, entre 2008 aux USA et 2011 en UE, et comprendre ce qui s’est passé, pour comprendre l’enjeu autour du bitcoin aujourd’hui.
Si la crise des subprimes aux USA peut être comprise comme une crise structurelle pour l’économie américaine, elle ne l’était en aucun cas pour les économies européennes, lesquelles, à part pour quelques grosses banques ayant des actifs financiers dans les banques américaines qui se sont effondrées, n’étaient pas directement concernées par la crise en elle-même.
L’historiographie nous fait croire qu’il y a un lien organique entre la crise de 2008 et celle de 2011, mais il n’en est rien. La crise de 2011 en Europe est une crise qui, bien qu’indirectement liée à celle de 2008, est principalement une attaque concertée et organisée sur les États européens rivaux de l’Allemagne, visant à les subjuguer et à les mettre sous la coupe à la fois des capitalistes internationaux, et du capital allemand plus particulièrement.
Pour résumer les évènements de 2011, les marchés financiers et plus encore leurs institutions, ayant dorénavant le contrôle de l’accès à la monnaie € et faisant la pluie et le beau temps via le contrôle des cours d’échanges des titres de dettes, ont forcé la main à plusieurs pays européens à faire des changements institutionnels profonds et anti démocratiques, en les menaçant de banqueroute et de blocages, comme dans le cas de la Grèce, allant jusqu’à même saisir une partie de l’épargne des gens, comme dans le cas de la “haircut” chypriote.
A court terme, cela eut l'effet escompté, et les politiques d’austérité, de privatisation, de paupérisation, de rabougrissement démocratique furent appliquées, mettant toujours plus de plus-value à disposition des capitalistes. Mais dans un temps plus long, cela eut pour effet de remettre en question la solidité du modèle financier moderne reposant principalement sur le stock de titres de dettes d’États, car ayant fait la preuve de l’instabilité des titres de dettes d’États eux-mêmes.
C’est alors que le bitcoin, ainsi qu’un certain nombre d'autres crypto-actifs, mais principalement le bitcoin, prend l’ampleur qu’on lui connaît aujourd’hui. D’un côté, il sert pour des petits pays ou des pays sanctionnés et isolés, à se doter d’un stock autre que de l’or, du dollar ou des titres de dettes, voir à acheter des ressources en contournant les sanctions et la mainmise impérialiste sur les échanges internationaux via le pétrodollar ou le système swift, de l’autre il est un enjeu crucial pour le capitalisme en crise.
Étant un actif financier techniquement solide, et n’étant adossé à aucun legal tender, le bitcoin se trouve être un “nouveau stock d’or” parfaitement pur, pour un impérialisme parfaitement en crise, qui ne peut ni ne veut se remettre à amasser de l’or ou à revenir à un modèle financier reposant sur un État fort, qui est en passe d’être privé de son avantage principal, le dollar maître, et dont le système financier reposant sur des bilans à base de titres de dettes est remis en question, les titres de dettes ont prouvé être faillible et donc faible.
Le contrôle du bitcoin est donc un enjeu quasiment de survie pour l’impérialisme américain, étant donné que son économie est sur le point de basculer et doit muter pour survivre à la crise financière qui pointe le bout de son nez. Il ne peut pas lutter contre la dédollarisation du monde, avec d’un côté l’Union européenne et sa zone euro; de l’autre l’affaiblissement du pétrodollar au profit du petroyuan (entres autres) avec des accords commerciaux comme ceux entre l’Arabie Saoudite et la Chine, ou le R[2]CEP, le plus gros accord commercial au monde qui donne un cadre légal aux échanges hors dollars entre États pour plus de 30% du commerce et de la population mondiale.
Dans ce contexte, le contrôle du bitcoin revêt une importance cruciale pour l’impérialisme américain, de la même façon que de réussir à imposer le dollar comme étalon ou que de réussir à imposer le modèle allemand lui a permis de contrôler les États à travers la planète via le contrôle du cours de change des titres de dettes. Contrôler le bitcoin lui permettra d’asseoir sa position dans le monde qui vient.
L’impérialisme est la superstructure du capitalisme, et en ce sens, reflète les mutations que celui-ci connaît. Les libertariens américains au pouvoir aujourd’hui sont les avatars de ce changement, Trump à leur tête. L’absorption complète de ces capitaines d’industrie technologiques par la finance les rendent bien conscients de ces enjeux et du rôle que le bitcoin est appelé à jouer, et qu’il joue déjà. C’est pour cela que Trump a annoncé plus tôt cette année que les USA allaient se doter d’une réserve de bitcoin, ou que des foyers du capitalisme tel que Blackrock deviennent les plus grands portefeuilles privés de bitcoin au monde.
Le bitcoin, en soi, n’est pas porteur de plus d’intérêt que bien d’autres actifs qui servent dans la grande machine économique. La question politique qui en émerge est plutôt de connaître et comprendre les enjeux autours de celui-ci ; de ce que les mouvements du bitcoin reflètent de la situation économique.
Ainsi, il est l’un des facteurs à suivre afin de savoir le niveau de risque de crise de la situation tel que déterminé par les capitalistes eux-mêmes : en effet, lorsque les marchés s’affolent, on peut noter une hausse de trois choses :
- La masse monétaire M1 du dollar : c’est le volume global de dollars en circulation sur tous les circuits, et lorsqu’elle augmente soudainement, c’est que les marchés n’ont plus confiance dans leurs actifs et “cash-out”, causant ainsi une augmentation de la masse de dollars en circulation autour du monde.
- L’or : lorsque les capitalistes prennent peur de la situation aux USA, ils convertissent leur dollar en or, causant une hausse du cours de l’or.
- Le bitcoin : similaire à l’or, le cours du bitcoin explose en corrélation avec celui de l’or et d'autres valeurs refuge, solidifiant son statut.
C’est ainsi qu’on peut se rendre compte du rôle du bitcoin, de l’importance qu’il revêt déjà dans l’appareil capitaliste général, et surtout de celui qu’il est appelé à jouer dans les années à venir.
Énergie, technologie et IA
On peut également comprendre un certain nombre d’éléments de la politique extérieure de l’administration Trump, tels que les menaces ouvertes sur le Groënland et le Canada par exemple, en comprenant les structures de domination impérialiste des USA, notamment sur le plan infrastructurel, c’est à dire celui de la production, et notamment le monopole américain sur “l’économie numérique”.
Ce monopole est une arme précieuse pour les nord-américains, car les différents outils numériques utilisés massivement par les entreprises et États européens, autant en terme de logiciel/”software” (Excel, Windows, etc.) que matériel/”hardware” (Intel, Nvidia, Apple, IBM etc.) ou de services (Amazon et Amazon Web Service, Google, Paypal, Réseaux sociaux etc.) joue un rôle crucial dans l’appareil de production des sociétés occidentale, à l’heure où la partie “distribution” du processus de production est centrale et donc où la logistique inhérente à cette activité l’est tout autant.
Un des premiers indices à prendre en compte est que les USA possèdent près de la moitié des data center de la planète (entre 4 165 et 5 400 data center sur le sol américain sur environ 11 000 au total)[3] et que ceux-ci servent principalement à alimenter l’outil numérique et donc la domination nord-américaine, notamment sur nos économies dites “post-industrielles”, en réalité des économies d’impérialisme avancé, où l’activité productive principale est la distribution.
Cette domination a un coût, et surtout elle place les USA dans un état de double dépendance :
- Une première dépendance aux composants technologiques (semi-conducteurs, puces, GPU/CPU, RAM/VRAM, etc.) et donc aux matériaux qui les composent : silicium, cuivre, terres rares, etc.
- Une deuxième dépendance à l’énergie et à l’eau nécessaire à faire tourner et à refroidir les data centers, dans un pays où, en 2023, les data centers consommaient déjà 4,4% de toute l'électricité produite et où cette part pourrait monter jusqu’à 12% dans les années à venir selon certaines prévisions.
C’est ainsi qu’on peut comprendre pourquoi l’administration Trump a menacé dès le début de son mandat le Canada et le Groënland, deux pays où le froid extrême représente une opportunité gigantesque de faire des économies d’échelle pour le refroidissement des data centers, surtout à une période où, à cause du réchauffement climatique, plus de 70% de la production nationale d’électricité peut partir dans les data centers, comme c’est le cas en Virginie du Nord, surnommé la “Data Center Alley”.
Cela a également pour effet de faire grimper en flèche le prix de l'électricité pour les citoyens de ses États là, avec comme exemple le plus récent le cas de PJM, l’un des plus gros opérateur de réseaux électrique américains, qui a vu augmenter ses prix de plus de 1 000% aux enchères de l’électricité, le système mis en place par les autorités là-bas pour gérer l’approvisionnement[4].
C’est encore plus vrai pour les data centers dédiés à l’IA, un outil qui est appelé à prendre toujours plus de place dans le système productif et dont les data centers dédiés représentent une part de plus en plus importante du pool de data center général. Ceux-ci consomment jusqu'à 7 à 8 fois plus d'électricité qu’un data center normal, et entre 4 et 8 fois plus d’eau, surtout si l’on prend en compte l’eau nécessaire à produire l'électricité qu’ils consomment en plus de celle nécessaire au refroidissement, faisant de la question de l’eau un enjeu majeur pour la survie de l’écosystème technologique étatsunien.
Le deuxième élément important à analyser pour comprendre les politiques trumpiennes récentes, c’est la structure de la chaîne d’approvisionnement en composant technologique mondial. Il faut prendre en compte la globalité de la chaîne non seulement de production, mais bien d’approvisionnement et de distribution pour comprendre l’enjeu. Il y a un certain nombre de pays et d’entreprise manufacturières clés dans cette chaîne, notamment :
- Taïwan : TSMS, leader mondial dans la fonderie de semi-conducteurs, 60% de part du marché mondial, entreprise absolument vitale dans la chaîne de production de composants.
- Corée du Sud : Samsung, leader dans la production de mémoire et mémoire vive (RAM/VRAM)
- USA : Intel, leader dans le CPU (processeurs) ainsi que NVidia, quasi-monopole dans le GPU (Carte graphique)
Ces trois pays concentrent la majorité des capacités de production globale en différents composants technologiques, à différents niveaux et stade, et se retrouvent donc dépendant de l’approvisionnement en matière première, les fameux métaux et terres rares, dont le principal fournisseur est la Chine.
Néodyme, dysprosium, tantale, indium, gallium, germanium, mais aussi lithium, cobalt, silicium métallurgique, ou même cuivre et aluminium, toutes ces matières premières tant convoitées ont un seul et même fournisseur aujourd’hui, la Chine, qui produit plus de 60% de toutes les terres rares à elle seule, certaines analyses plus englobantes estimant cette proportion à quasi 80%.
Ce n’est donc pas sans raison que la Chine a répondue aux taxes douanières de Trump en mettant en place, le 4 avril dernier, une restriction aux exportations de terres rares, preuve que les autorités chinoises sont bien conscientes de leur place dans la chaîne d’approvisionnement mondiale tout autant que du poids du secteur de la technologie pour les économies occidentales.
Un autre aspect de cette dépendance à la Chine de la part des acteurs principaux de la technologie, qui est plus souvent ignoré, est celui de la consommation, car si les Chinois sont les premiers fournisseurs de matière première pour composants technologique, ils en sont également les premiers consommateur, absorbant plus de 50% de la production globale de semi-conducteur, pour alimenter leur propre secteur (électronique grand public, automobile, militaire, équipement industriel, etc.)[5].
Les USA se retrouvent donc face à un double problème concernant leur dépendance à la Chine : ils se retrouvent pieds et main liés non seulement par le statut de producteur de la Chine, mais aussi par celui de consommateur, étant réduit à un statut de “middleman”, correspondant (pour l’instant encore) à une domination sur la partie “raffinage/manufacture”, la Chine ayant un quasi-monopole sur la partie extraction & distribution (le secteur de la distribution en Chine étant un très gros secteur national, avec Alibaba à sa tête).
Et encore, cette domination de l’impérialisme américain est en passe d’être défaite par les Chinois, car la guerre économique de Trump et les sanctions qui ont suivis ont accéléré le processus d’autonomisation des Chinois sur le sujet, avec le développement de leurs propres entreprises de fabrications de semi-conducteurs tel que la SMIC (Semiconductor Manufacturing International Corporation), Hua Hong Semiconductor, ou encore Yangtze Memory Technologies (YMTC) pour la mémoire NAND[6].
C’est ainsi qu’ils faut comprendre les différentes mesures prises plus tôt cette année par les USA d’interdire puis de ré-autoriser la vente par Nvidia de puces IA haut de gamme aux entreprises chinoises, ce à quoi Pékin à répondu, lors de la ré-autorisation, par une fin de non-recevoir, alors même que les entreprises chinoises sont les plus consommatrices de puces de tout genre[7].
Dans la même veine, bien que nous ne l’ayons traité ici que transversalement, l’intelligence artificielle est en passe de devenir l’un si ce n’est l’outil le plus important dans le dispositif de production générale, tout autant dans l’extraction, que le raffinage/manufacture ou la distribution, et la bataille pour le maintien de son hégémonie infrastructurelle que les USA sont en train de mener, voire tendanciellement de perdre, se joue et se jouera toujours plus sur ce front aussi.
Les USA ne peuvent donc pas totalement interdire à la Chine d’exporter ses matières premières, sous peine de saborder leur principal atout qu’est le secteur de la technologie, mais ils ne peuvent pas non plus interdire à leurs propres entreprises d’aller vendre en Chine, au risque de se faire déclasser de leur statut hégémonique. Ils sont au pied du mur, et c’est bien là l’un des principaux facteurs qui peut nous faire craindre le pire pour les années à venir.
S’il y a bien une chose qui est sûre et qu’il nous faut prendre en compte, c’est que les USA ne se laisseront pas détrôner sans réagir, et que la guerre est leur moyen de prédilection pour résoudre des contradictions qu’ils ne peuvent pas résoudre autrement. C’est déjà le sens de beaucoup d’évènements qui secouent notre monde aujourd’hui, de la guerre du Kivu au Congo pour le contrôle des ressources minières, à la vente de 11 milliards de dollars d’armement à Taïwan, en passant par le génocide à Gaza ou à la marche guerrière généralisée contre la Russie que l’Union européenne nous prépare, il est donc important pour nous autres communistes de bien cerner ces évolutions. C’est là en tout cas le sens de cet article, en espérant qu’il puisse animer et éclairer suffisamment les débats.
*Analyste politique et économique ; militant URC
Notes :
[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Bon_MEFO
[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Partenariat_économique_régional_global
[3] https://www.statista.com/statistics/1228433/data-centers-worldwide-by-country/
[4] https://www.reuters.com/business/energy/prices-biggest-us-power-grid-auction-hit-new-record-supply-crunch-2025-12-17/
[5] https://www.euronews.com/business/2024/03/15/chinas-semiconductor-production-challenges-could-be-a-boon-for-europe
[6] https://en.wikipedia.org/wiki/Semiconductor_Manufacturing_International_Corporation
[7] https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/pourquoi-la-chine-referme-la-porte-aux-puces-ia-nvidia-malgre-le-feu-vert-de-donald-trump-20251211
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